King Riddim en interview
18 juin 2005 - Festival les Garennes - Guyancourt

Tout d'abord, peux-tu présenter le groupe aux auditeurs ?
King Riddim : King Riddim fut fondé en 1995 par deux frangins normands venant de Rouen, King Riddim fait d'abord ses débuts sur la scène normande. Après les premières parties de Raggasonic et des Gladiators et le concert du Sunsplash de Rouen, un premier 4 titres sort en 1998. Une section cuivre trompette-sax vient compléter la formation l'année suivante. La rencontre fin 99 avec Mister Gang marque le coup d'envoi d'un premier album dont Virgin extrait en avant première son titre éponyme « La Jungle » sur la compilation « Sur les Roots de France ». Avec un premier titre dans les bacs en juin 2000 aux côtés de Massilia Sound System, K2R Riddim, Big Red, Sinsémilia... l'album sort au national en octobre 2001 chez Mosaïc avec l'appui de Hammerbass / Dub Action en promotion (Elephant System, Dub Wiser, label Island...). La tournée qui suit mène le combo Rouennais de Nancy à Brest, d'Amiens à Carcassonne pendant un an et demi sur 80 concerts. King Riddim croisent les scènes d'artistes comme Horace Andy, Tiken Jah, Anthony B, Burning Heads, Alpha Blondy, Saian Supa Crew, Spook and the Guay... Le concert du Zénith de Nancy (Spear, Max Roméo, Yaniss Odua) et l'arrivée d'un trombone marque la fin de la tournée et l'entrée en studio pour l'enregistrement du second album en août 2003. Après plus de 200 concerts et un album, King Riddim prépare un 12 titres mixé par le jamaïcain Samuel Junior Clayton (Skatalites, Desmond Deker, Toots & the Maytals, Ziggy Marley.). Un dernier album « Positif ?! » est sorti en 2004.
Comment le groupe s'est-il formé ?
King Riddim : Avant je faisais partie d'un groupe hip hop, et comme avant le ragga était proche du hip hop et que j'avais envie d'en jouer, j'ai fait appel à des musiciens «ndlr : le groupe est actuellement composé de 8 musiciens» pour créer un groupe plus roots, car j'avais envie de me lancer dans le reggae, le ragga.
D'oŭ vient le nom ?
King Riddim : King Riddim, ça veut dire le thème pour roi ! Comme le reggae c'est une musique essentiellement basée sur la rythmique, où la rythmique domine le son, on a voulu jouer sur ça !
À quel âge as-tu commencé à jouer de la musique ?
King Riddim : Rires J'ai commencé vraiment tout petit, je ne savais même pas encore parler que je commençais à chanter Rires. Nan mais j'ai vraiment commencé à chanter vers l'âge de 15 ans, c'est là ou j'ai commencé à faire de la scène en fait.
On n'a pas vu de disque dans les bacs depuis 2004, y en a t-il un en préparation, que faites vous actuellement ?
King Riddim : On fait énormément de studio, on est dans une période ou l'on se pose pas mal de questions sur King Riddim, des questions notamment sur un nouveau projet qui sera différent, on veut aller encore plus loin aux sources.
Peux-tu nous parler de votre collaboration avec Samuel Junior Clayton pour votre dernier album ?
King Riddim : Pour le deuxième album, on voulait que ce soit un album plus massif, plus « Jamaïque ». Comme Junior est installé en France, on est allé le voir, il était en train de faire un mix pour les « Skatalites » sur un projet intéressant. On s'est dit que c'était mort. Puis on lui a proposé quelque chose et Junior, c'est quelqu'un qui travaille vraiment pour le son et pas pour l'argent, donc on a essayé quelque chose avec lui pensant une semaine, c'était une semaine de mix avec son matos et on a kiffé et voilà ! Puis on continue la collaboration, car c'est vraiment quelqu'un de génial sur le plan humain.. Ce fut vraiment une rencontre enrichissante.
As-tu fait partie d'autres groupes avant King Riddim ?
King Riddim : J'ai fait partie d'un groupe de hip hop, j'ai fait également à côté du clavier pour des pots pour la production des artistes de chez nous.
Que cherchez-vous à faire comprendre dans vos chansons ?
King Riddim : On n'essaie pas de faire passer une morale aux gens, on veut faire passer un message qui est surtout une prise de conscience de ce qui se passe au quotidien un peu partout dans le monde pour pas que ça devienne une banalité, car ce sont des choses graves.
Que pense tu de l'actualité du moment ?
King Riddim : Je redécouvre des choses que je ne connaissais pas. Par exemple la dernière fois je regardais Envoyé spécial sur le LAOS et ça nous a touché car on ne connaissaient pas et malheureusement il y a plein de situation comme cela qu'on ignore. Le Laos a aidé les Américains. et maintenant on les laisse crever. Je pense que ce qui est dommage, c'est qu' une fois qu'on éteint la télévision, dans notre tête, c'est fini. On nous balance tellement d'informations que l'on oublie la moitié et pendant ce temps, il y a des peuples qui vivent dans la misère et dans l'ignorance.
Il y a quelques problèmes avec la scène reggae international au niveau des propos homophobes tenus par certains artistes. Qu'en penses-tu?
King Riddim : Je ne peux pas soutenir cela, quand je vois par exemple que Capleton ou Sizzla refuse que ce soit un chauffeur blanc qui vienne les chercher à l'aéroport quand il viennent en France, je me dis merde ! Le reggae c'est basée sur la tolérance, c'est pas à une personne de choisir pour toi, c'est Dieu qui choisit, qui peut te juger.
Faites-vous des concerts en dehors des frontières françaises?
King Riddim : On a déjà très envie que notre message soit bien compris dans toute la France, après c'est vrai que l'on a très envie d'aller en dehors des frontières, mais c'est pas facile car on chante en français et que la langue internationale c'est l'anglais.
Quel est votre meilleur souvenir sur scène ?
King Riddim : Mon meilleur souvenir, ce n'était pas sur scène, mais c'est la rencontre avec Burning Spear à Nancy dans les coulisses ! On n'a pas beaucoup échangé de mots, mais ce qui ma marqué, c'est son charisme et sa sagesse.
Que prévoyez-vous pour la suite ?
King Riddim : Alors il y aura un autre cd, c'est sûr, après est-ce que ce sera sous le nom de King Riddim ?, on sait pas vraiment, on réfléchit à un autre projet ! Pour le moment, comme on vient de monter notre propre studio, on profite à fond car avant c'était galère, on devait emprunter le matos de tout le monde, donc maintenant c'est travail, travail. Et puis de la scène aussi, car la meilleure récompense, c'est la scène, la rencontre avec les personnes, le contact humain, c'est vraiment génial !
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